Au revoir, le Myanmar…

Après Monywa et ses hordes de singes (et de moustiques), nous avons rejoint Mandalay, 2e plus grande ville de la Birmanie, avant de pousser encore un peu plus loin au nord. Nous avons ainsi gaiement pris un bus qui date du temps des dinosaures (bonne nouvelle : il a survécu à la comète) pour nous rendre à Hsipaw, dans une région limite-limite selon les cartes du gouvernement (pardon maman). Dans la vraie vie, rien de bien alarmant : il y a bien quelques rebelles dans les montagnes autour et certaines zones ne sont accessibles qu’avec un permis, mais Hsipaw est ouverte au tourisme et ne présente aucun danger. De toute façon, nous ne sommes pas venus pour énerver les rebelles, mais plutôt pour sortir des sentiers battus et découvrir les bucoliques petits villages Shan aux alentours. Et quel est le meilleur moyen pour découvrir les bucoliques petits villages Shan aux alentours ? Eh ouiiii, le vélo !

Ce voyage aura ma peau (des fesses).

La ville en elle-même est mignonne sans être incontournable, quelques petits cafés choupi-fleuris, une promenade le long du fleuve, des stands de street food sympa le soir… Sans oublier son « Little Bagan » et ses monastères, dont un qui renferme un bouddha en bambou ! Anecdote sur ce bouddha : un moine nous a accosté, tout sourire, pour nous ouvrir les portes du monastère et nous permettre de voir Bamboo Buddha de plus près, nous invitant même à lui caresser le genou et lui mettre des petites claques… Un grand moment d’intimité avec Bouddha, beaucoup trop gênant.

Buns porc-oignon, coco ou pâte de haricot sucrée

Bébé Bagan

Pour documenter l’avancée de cette barbe ^^

Mais le véritable trésor de Hsipaw se trouve en dehors de la ville… Il suffit de pédaler 10 minutes pour se retrouver subitement en plein cœur d’une magnifique campagne verdoyante et tomber sur les premiers villages Shan.

Bucolique, n’est-il pas ?

La région de Hsipaw est connue pour ses treks de plusieurs jours et on comprend pourquoi ! On préfère explorer seuls de notre côté, mais un guide permettrait de s’enfoncer encore plus loin dans les montagnes et de s’aventurer vers des villages encore plus reculés. Sans guide, on arrive vite au bout des sentiers « visibles » et nous avons dû rebrousser chemin à plusieurs reprises. Mais ce n’est pas très grave, il y a largement de quoi faire en gravitant autour de Hsipaw.

On reste 2 jours à Hsipaw puis on retourne à Mandalay, dernière étape de notre périple en Birmanie ! Elle nous avait fait une très bonne impression lors de notre passage éclair et on est impatient d’y passer plus de temps. Première impression : cette ville sent le pancake et la noix de coco. Deuxième impression : la vie y semble douce et le centre-ville est agréable, avec ses trottoirs larges et sa belle promenade le long des murailles du palais. Mandalay a ce côté moderne et agréable de certaines grandes villes, ainsi qu’une forte immigration chinoise et indienne… mais j’y reviendrai.

Il pleuvait un peu quand on est arrivé, mais ça n’a pas duré (dieu merci).

La ville même de Mandalay présente plusieurs beaux temples et monastères, dont un qui renferme le plus grand livre du monde ! Voyez par vous-mêmes :

Tadaaa !

Les Birmans sont des petits coquinous, chaque page du livre a été gravée sur un gros bloc de marbre enfermé dans une stupa. Ça fait un sacré paquet de stupas (mais au moins, pas de risque de corner les pages, huhuhu).

On pourrait citer une foultitude de beaux temples et pagodes à visiter, Mandalay n’en manque pas, mais je citerai simplement Shwe In Bin Kyaung, un monastère tout en teck peu visité des touristes et par conséquent paisible et reposant. J’admire les moines qui se recueillent dans les pagodes bondées, ça doit leur demander un effort de concentration phénoménal. Bref, ce monastère-là est aussi particulier à nos yeux car nous y avons rencontré un moine avec qui nous avons bavardé tout au long de notre visite. Un bel échange pour clôturer notre séjour en Birmanie !

Le chat du Shwe In Bin.
Le gros serpent flippant du Shwe In Bin.

Mais plus encore que le centre et les payas, Mandalay attire les visiteurs pour ses anciennes cités en périphérie de la ville. Amarapura, Sagaing, Innwa… Il est très facile de trouver un taxi pour la journée et voir un maximum de choses, mais pour notre dernier jour de visite, on préfère y aller à notre rythme, quitte à passer à côté de plein de trucs. C’est ça aussi les voyages, se laisser porter et faire des choix ! On peut trouver plusieurs « pick-ups » dans Mandalay qui vont à Amarapura, c’est un peu plus long qu’en taxi, mais c’est moins cher et surtout beaucoup plus charmant (sauf pour nos pauvres fesses). LE truc à ne pas manquer à Amarapura, c’est le U Bein bridge, un grand pont en teck qui serpente au-dessus d’un lac entouré de champs où travaillent quelques Birmans. C’est un endroit pris d’assaut au coucher du soleil, mais on a préféré le traverser (relativement) tranquillement le matin.

Ça doit être plus impressionnant hors saison sèche, je vous l’accorde.

De l’autre côté, on aperçoit, en cherchant un bon point de vue photo, des jeunes qui jouent au foot. Ni une ni deux, Hon se joint à la partie ! Mais lorsqu’il s’arrête, on découvre avec horreur qu’un de ses pieds a bien souffert… On arrive à trouver des pansements (qui sentent l’eucalyptus, sympa), avant de clopiner jusqu’à un tuk-tuk pour rejoindre Sagaing et sa foultitude de payas.

La photo post-rafistolage.

Évidemment, on n’a rien trouvé de mieux que de tenter la marche interminable jusqu’au sommet de la Sagaing Hill, d’où on peut avoir une vue imprenable sur tous les temples et sur la ville. Heureusement, un mec en scooter a eu pitié de nous et nous a emmené au sommet (par contre on a fait quasi tout le retour à pied, comme des guerriers).

Colonnade de bouddhas version château de Versailles

Toutes ces couleuuurs !

Bonus : le môme le plus chou de Birmanie.

On termine là notre visite des anciennes cités. Le soleil commence à se coucher, signe que l’heure des petits stands de street food va bientôt sonner ! Je vous parlais de la forte immigration indienne et chinoise plus haut, eh bien nous y voilà. Pour résumer : la street food indienne nous aura transportés vers un nirvana de la gastronomie de rue, la chinoise, dans des abysses d’horreur culinaire.

Chapati, biryani, oui oui oui.
Soupe qui ressemble à du gras de cochon, non non non.

Heureusement, on s’est rattrapé allègrement avec les pancakes à la banane et autres délices de notre « tea house » préférée.

Pfiou, on ne pouvait quand même pas finir cet article sur la photo d’avant.

Ainsi s’achèvent nos 27 jours en Birmanie. Pas facile de faire le bilan de ce mois passé dans ce pays dépaysant, encore peu connu et pourtant tellement attachant. Je n’aurais jamais eu l’idée d’y traîner mes tongs si j’étais partie seule (merci Hon <3) et je ne regrette absolument pas le voyage. Le pays s’ouvre de plus en plus au tourisme et va sûrement beaucoup changer dans les prochaines années… On se sent un peu privilégié d’avoir pu découvrir toutes ces merveilles maintenant, même si ce n’est pas un voyage « facile » et que la barrière de la langue a souvent été frustrante – frustration rattrapée mille fois par la gentillesse des Birmans. Ça se mérite, mais la récompense est à la hauteur de nos efforts ! En tout cas, les millions de stupas, les sourires rouges de chique des Birmans et les petites joues recouvertes de thanaka vont nous manquer !

 

Et bien sûr, une petite carte de notre périple en Birmanie :

Prochaine étape de notre voyage : la Thaïlande !

 

Hélo

8 commentaires sur “Au revoir, le Myanmar…

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  1. Les différentes étapes que vous avez fait en Birmanie semblent ouf, c’est génial de nous avoir fait découvrir le pays au travers de vos photos et de vos articles (toujours super détaillés ^^) vous avez bien exploité votre visa ! 👍

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  2. Bravo pour ce magnifique article … Merci de ne pas avoir dépassé la région « limite limite » !! C’est vrai que malgré les dangers potentiels, le barrage de la langue, les bestioles … la beauté de certains sites et la gentillesse des birmans donnent envie d’y aller avant que tout ne change, soit envahi et perde son charme … Vous avez bien fait d’en profiter !
    Bisous

    Aimé par 1 personne

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