L’Alentejo, où le Portugal rural

Pour tout vous dire entre les plages du Sud et Lisbonne on a fait quelques haltes, de haute volée qui plus est, en traversant la plus grande région du pays : l’Alentejo. Une campagne de la taille de la Belgique, qu’on a visité en 2 temps, d’où la difficulté à placer cet article. Bref, commençons la visite.

Les péages et les taxes onéreux de l’autoroute reliant Porto vers le Sud nous ayant « déplumé », désormais on va filouter, tout se fera sur les petites routes. Des environs de Faro, on dit adieu aux plages et remonte vers l’Est, où l’on va découvrir une région sans aucun touriste et pas foultitude de Portugais non plus en fait. A 18h le soleil se couche, on est en mars forcément.. alors on s’arrête à Mertola pour la nuit.

Mertola de nuit, déja superbe
Poisson de rivière

Accueilli en français, ce qui arrivera souvent durant le voyage et ne manquera pas de nous impressionner à chaque fois, on a vaguement l’impression que l’hôtel se trouve dans un château. Devinez quoi ? Au réveil, la nuit a fait place à une petite brume – assez mystique ma foi – et on est vraiment entouré de remparts, génial.

Riche histoire pour cette ville tantôt romaine tantôt maure (berbère), on profite de la vue sur le fleuve en dessous et apprécie de bon matin la vision du château ainsi qu’une ancienne mosquée transformée en église. Juste le temps pour quelques photos car on a de la route.

On traverse des bleds minuscules, aux maisons blanchies à la chaux, admire une superbe église en chemin, et puis comment ne pas parler des cigognes.. il y en a PARTOUT ! Sur chaque poteau au bord de la route, de petits cigogneaux pointent déjà leur bec en dehors du nid, mais on est encore un peu tôt dans la saison pour les voir s’envoler. L’Espagne dans notre ligne d’horizon on finit par remarquer la prochaine étape, perchée à 300m, voilà Monsaraz.

Obligation de se garer au pied du village, 800 habitants seulement, résultat pas une voiture, des rues pleines de charmes ; citronniers, orangers, pas de fil électrique, une belle et impressionante église sur la place, le pied cet endroit ! Si l’Alentejo est peu touristique c’est entre autre à cause de ses températures, pouvant atteindre les 50 degrés l’été, en mars on a 20, du soleil, on se sent si loin de la France alors que pourtant pas tant que ça, c’est l’effet que nous fera le Portugal bien souvent, et c’est plutôt cool.

Le château fort vaut le coup d’oeil, avec son arène où ont lieu des festivités chaque année (sans aucune cruauté animale : bien), la vue là haut est vachement sympa, nous sommes entourés de vignes, le vin de la région s’est construit une belle réputation, ici par exemple c’est le reguengos, que nous n’avons malheureusement pas pu goûter..
Ahah évidemment qu’on l’a goûté enfin, il est très bon d’ailleurs 🙂

Tranquillement on retourne à la voiture et continue l’exploration, le temps semble passer vraiment lentement dans cette région et ce n’est pas désagréable. Après s’être essayé au fromage de chèvre local, on entreprend alors ce que j’appellerais la tournée Unesco du pays, florilège de villes et bâtiments classés, les 3/4 de nos visites en 3 semaines je pense, ça débute par Evora, la plus romaine des cités portugaises.

On laisse nos sacs à l’hôtel, une maison ancienne superbement restaurée, idéalement située. Avec nos petits petons on arpente le centre historique, maisons jaunes et blanches – je ne m’en lasse toujours pas, tout est beau on ne sait plus où poser les yeux.

L’église de Sao Francisco fait beaucoup parler d’elle car elle abrite la Capela dos Ossos, une chapelle des ossements, curieux non ?

Plus que curieux, morbide oui ! Avec ce slogan « nous les os qui sommes ici, attendons les vôtres » le ton est donné. Des moines du XVIe siecle seraient à l’origine de cette chapelle faite avec les os de pas moins de 5 000 personnes, récupérés dans les cimetières du coin, glauque. Après avoir vomi notre pâtisserie on profite quand même de l’église attenante, vraiment jolie.

Bleuhhh

Plus loin l’immense cathédrale de la ville nous permet de prendre de la hauteur, depuis sa tour Evora se dévoile un peu plus, un édifice nous saute de suite aux yeux, un temple romain en pleine ville.

2ème pièce du puzzle
Tu crois pas que t’es assez près là ?

Vite on veut voir ça de plus près ! De ruelle en ruelle, de places en places, il y a comme des airs d’été, les habitants – beaucoup d’étudiants – sirotent un verre en terrasse, il fait tellement beau en même temps. Et ce temple alors !? Oh ça va oui laissez moi finir ma sangria !

Le temple de Diane donc.. dédié à la déesse de la chasse, il en jette ce monument, dans un état impeccable, entre la cathédrale et la pousada du coin. « Et les pousadas c’est quoi ? » C’est un peu l’équivalent des estancias en Argentine, des bâtiments historiques convertis en hôtels luxueux, il y en a une trentaine au total à travers le Portugal.

Ma vision du paradis.. des oranges partout

Hélo vous a parlé de Lisbonne, l’après Evora, très bien, elle vous a ensuite parlé de Sintra, excellent. Je ne cautionne pas sa dernière photo mais continuons. De Sintra on a d’abord conduit vers le centre du pays – article à paraître, puis de là on a encore une fois roulé vers l’Est et retrouvé notre bon vieux Alentejo, c’est là que j’interviens. « Oh nonn on veut Hélo nous », ok sympa.. Quelques cigognes et routes escarpées plus tard on arrive à Marvao.

Guide Héloïse, espèce très très rare !

Décidement je me coltine tous les villages médiévaux.. je plaisante c’est un vrai plaisir. Marvao fait partie du massif de Sao Mamede, de la petite montagne entre 400 et 1 000m d’altitude, donnant lieu à de jolis paysages et panoramas, mais la meilleure vue de toutes on va l’obtenir depuis Marvao, trônant à 800m de haut. Encore un château, un chemin de ronde sur les remparts épousant parfaitement le contour du village accroché à la colline, 2ème coup de coeur de la région (après Monsaraz), on adore !

« Alors attends on est où là ? »

Ici les rues sont très étroites dans les villages, je vous raconte pas les « engueulades » avec le gps, cette fois on a eu le nez creux en laissant la voiture plus bas. Un petit monsieur nous confortera dans notre choix en ratant sa manoeuvre sous nos yeux ébahis, défoncant un de ses phares comme un bourrin, si vous me permettez ce terme un peu cavalier. Les rues sont calmes, le château tout autant, et cette vue..

Le téléphone a eu le temps de changer 15 fois de réseau, oscillant entre Portugal et Espagne car la frontière n’est qu’à 3km (!), qu’on se dirige vers Castelo de Vide, notre destination finale. Un chouïa plus grande, la ville a aussi sa partie basse, ses rues fleuries et ses maisons peintes, puis la partie haute avec un château, et plus surprenant un vieux quartier juif avec une synagogue.

17h sonne, un vieux monsieur s’apprête à fermer les portes du château, « pour favourrr nooo », devant nos suppliques il laisse encore un peu ouvert, on se dépêche de grimper dans la tour, prendre 2-3 clichés et redescendre – en ne manquant pas de le remercier. Pour la petite histoire on le retrouvera un peu plus tard dans le centre, se dirigeant vers le bar, sa journée finie. Faute d’avoir amélioré notre portugais c’est en mimant qu’il nous fera part de ses plans alcoolisés. Pas en reste, on dégustera nous le cadeau de l’hôtel, cette délicieuse liqueur de cerise qu’est la ginja. Je vous épargne l’énoncé de nos restos, mais on est en train de vider le livret A.

La vue depuis le château
Elle est pas belle ma robe de mariée ?

Le voyage en Alentejo touche à sa fin, mais les 2 morues ont encore bien des choses à vous compter.

To be continued..

A.

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