Il est venu le temps des monastèèèèèreuh

Pfiouuu, nous voici rentrés dans nos contrées mosellanes et la vraie vie a repris son cours, mais il nous reste encore quelques petites choses à vous raconter. Le Portugal a beau être un petit pays, on en fait des kilomètres au volant de notre fidèle voiture ! Je vous emmène cette fois dans un road trip sur les routes du centre du pays. Au menu tout d’abord : trois monastères souvent associés car non loin les uns des autres, même s’ils sont tous les trois bien différents (et absolument magnifiques, ÉVIDEMMENT).

Le bolide

Mais avant d’atteindre notre première destination, on fait un arrêt dans le petit village médiéval d’Obidos. Village entouré de remparts et de tours, connu pour sa ginja (la fameuse liqueur de cerise), mais malheureusement très, très touristique… Tout est prévu pour satisfaire les cars de touristes et les petites rues ont perdu un peu de leur authenticité et de leur charme. Mais allez, nous retiendrons Obidos pour 2 choses, en plus de sa forte ambiance médiévale :

  • Ça se prononce « Obidch » et c’est rigolo.
  • Une des églises a été transformée en librairie et c’est la classe !
Hélas, elle ne rend pas très bien en photo…

Mignon, non ?

Passons maintenant aux choses sérieuses. Direction le monastère d’Alcobaça, splendide édifice du XIIe siècle.

On commence par visiter l’église, blanche, sobre et haute de 20 mètres…

Vous aimez les histoires ? C’est dans cette église que sont enterrés le roi Pedro 1er et sa maîtresse Inês, aussi appelée « la reine morte »…

C’est une histoire d’amour interdit qui commence comme toutes les autres… Pedro, prince du Portugal, et Inês, simple dame de compagnie, tombent amoureux. Mais le père de Pedro, alors roi du Portugal, fait assassiner Inês qu’il ne voit pas d’un très bon œil. Pedro, furieux, attend la mort de son père pour devenir roi à son tour et se venger des assassins de sa chère et tendre : il leur fait arracher le cœur sous ses yeux, avant de faire exhumer Inês pour la proclamer épouse et reine au cours d’une cérémonie où tous les courtisans devaient s’agenouiller devant elle et lui baiser la main… sa main de morte, donc. Voilà, c’était un petit résumé du Roméo & Juliette portugais !

Bestiole qui porte le tombeau de Pedro
…et celle qui porte le tombeau d’Inês, dotée du visage d’un de ses assassins, apparemment (rancunier, le mec).

On passe ensuite par la petite « salle des rois », avant de découvrir le cloître, aussi appelé cloître du silence. Il porte particulièrement bien son nom aujourd’hui, car il n’y a personne ! Ambiance calme, reposante, zen, pour un peu on aurait envie de devenir moine.

Ces orangers partout… le bonheur.

On a retrouvé la Dame grise de Serdaigle !

Passion gargouilles ❤

Plusieurs salles sont accessibles, comme les cuisines, les dortoirs, le réfectoire…

La porte du régime : si le moine ne passe pas, c’est qu’il est trop gras !

Graffiti de moine

Vous l’aurez compris, Alcobaça est un véritable coup de cœur pour tous les deux. On passe au monastère suivant, mais la barre est haute !

Je vous présente donc le monastère de Batalha.

Vous voulez une autre histoire ? 🙂 Il a été bâti pour commémorer la bataille d’Aljubarrota, sorte de bataille des Thermopyles à la portugaise (vous savez, les 300 Spartiates ?). Point de slip moulant et d’abdos saillants, mais une victoire écrasante des Portugais face aux Castillans, qui étaient pourtant 5 fois plus nombreux !

Petite ambiance sympa à l’intérieur, avec le reflet des vitraux sur les colonnes. 🙂 Le monastère de Batalha est plus ancré dans le gothique que celui d’Alcobaça, et est donc forcément plus… chatoyant.

Un autre couple royal (plus conventionnel) est enterré là, dans un tombeau assez classe mais trop haut pour moi… Je n’ai vu que le bout de leurs pieds, mais les créatures qui soutiennent le tombeau ont toujours une bonne bouille par contre !

Promenons-nous un instant dans le cloître, voulez-vous ? Après tout, c’est le thème de cet article (mais pas que, je vous rassure, notre piété a des limites).

Une petite promenade agréable, mais le clou du spectacle, le joyau du monastère (selon moi en tout cas), ce sont les « Chapelles inachevées » : sept chapelles restées à ciel ouvert, au style complètement exubérant.

Tant de détails !
Encore un tombeau de couple royal, plutôt mignon

Filons maintenant vers le petit dernier de la liste, le château des Templiers de la ville de Tomar !

Tomar, ville de Templiers et on va finir par le savoir.

On monte le niveau d’un cran avec le château des Templiers et plus particulièrement son Couvent du Christ, fondé par un grand maître des Templiers au début du XIIe siècle. Chef-d’œuvre d’architecture romane, manuéline, gothique, blablabla – bref, c’est un petit bijou.

On arrive à l’ouverture, avant les foules, pour profiter d’un peu de calme… et surtout, d’avoir LA pièce de fou du couvent pour nous tout seuls : la Rotonde.

La lumière ne nous a pas fait de cadeau niveau photo, mais c’était splendide. Un cœur octogonal dans une pièce quasi ronde, le tout richement décoré, plein de couleurs et de majesté, un bonbon pour les yeux.

Par contre niveau azulejos, y a des ratés… On peut pas être bon en tout.

Le reste du couvent est très impressionnant : tout d’abord, c’est immense (8 cloîtres au total, rien que ça) et ensuite, ça fourmille de détails de différentes époques et de différents styles. On pourrait y passer des heures.

C’est presque trop vide, vous ne trouvez pas ?
Escaliers en hélice, classe
Un individu louche me marche sur la tête (nous sommes si drôles)
Petite fenêtre tout en simplicité

Changeons un peu de décor, on a fait le plein d’églises et de monastères pour le moment ! Nous poursuivons donc notre visite du centre du Portugal avec un petit village incongru au doux nom de Monsanto. Ça nous fait faire un bon détour (on est tout près de l’Espagne), mais ça vaut le coup : on dirait que le village a poussé entre de grosses pierres rondes qui jonchent le paysage !

On se promène au hasard des petites rues et leurs maisons de pierre, on grimpe jusqu’aux anciennes fortifications… Tout le village a l’air hors du temps (et des hordes de touristes), c’est un nouveau coup de cœur pour nous.

Oui oui, il y a bien un rocher sur le toit de cette maison.

Cette photo de chat digne du National Geographic est signée Aurélien, applaudissons-le comme il se doit.

Allez hop hop hop, on reprend le volant et on retourne dans les terres !

(Je précise avant que vous ne nous preniez pour des touristes Japonais pressés que cet article n’est pas chronologique, on a juste regroupé nos visites par région pour le blog :D)

Nous nous arrêtons maintenant à Coimbra, la plus ancienne ville universitaire du Portugal.

Ça grimpe, ça grimpe…

L’université de Coimbra est la première a avoir été construite au Portugal et compte parmi les plus anciennes d’Europe – excusez du peu – mais surtout, elle abrite l’une des plus belles bibliothèques universitaires au monde (oui, ils aiment bien avoir les trucs « les plus quelque chose au monde » dans ce pays, un peu comme les Argentins).

Vous avez le dernier Marc Levy ?
Scan de carte postale, car les photos sont interdites, évidemment…

Anecdote sympa sur la bibliothèque Joanina : des colonies de chauve-souris habitent dans la bibliothèque depuis des siècles, parce qu’elles mangent les insectes et les mites et contribuent ainsi à la protection des ouvrages… Une alliance bien classe, même si c’est un peu de boulot de tout recouvrir le soir pour ne pas se retrouver avec des cacas de chauve-souris partout le lendemain matin.

La partie « historique » de l’université se visite, ainsi qu’un musée sur les sciences qui présente d’anciennes collections d’objets de l’université.

La salle où se passent tous les événements importants…

Fascinante nature.

La ville elle-même est agréable, avec ses jolies petites rues qui grimpent effectivement bien et son ambiance estudiantine.

Chouette duo de rue, qu’on recroisera plus tard à Porto ! 🙂

Autrefois, Coimbra était aussi célèbre pour son fado, musique traditionnelle portugaise réputée pour sa mélancolie qui fait pleurer dans les chaumières, mais aujourd’hui, il est un peu passé de mode. Comme on n’avait pas pu écouter de « vrai » fado à Lisbonne, on s’est rattrapé à Coimbra, avec un petit concert faisant office d’introduction au fado.

Guitare portugaise, star du fado

Intéressant, mais… ça manquait effectivement un peu d’authenticité. Qu’importe, on en écoute tous les jours à la radio et c’était un plaisir de voir les musiciens jouer !

Vous êtes toujours là ? Il est temps de faire une pause villes, monastères et bâtiments baroques qui envoient du lourd, place à un peu de natuuure ! J’ai nommé la rocheuse et sauvage Serra da Estrela, une des grandes surprises de ce petit voyage au Portugal. On ne s’attendait pas à trouver de tels paysages si près de la civilisation, mais qui semblent pourtant loin de tout.

Ça grimpe bien pour notre pauvre veau, pardon, notre voiture, et on aperçoit très vite un peu de neige ! Incongru après les 24 °C dans la vallée.

C’est dans la Serra da Estrela que se trouve le point culminant du Portugal – sans compter les Açores – du haut de son 1993 m (avec une tour de 7 m au sommet, pour le compte rond).

Petite vue de la « Torre »

La Serra da Estrela mériterait qu’on s’y attarde plus longtemps, mais on ne fait que la traverser. On retrouve la civilisation avec Piodao, petit village de montagne en schiste.

Foz da Eguas, un drôle d’endroit qui semble sorti d’un conte de fée

Terminons ce tour du centre du Portugal avec une ville plus moderne (comme ça on aura aussi fait le tour des époques) : Aguéda, ville du street art et des parapluies !

Voilà qui nous change des monastères.

Pourquoi les parapluies ? Eh bien tout simplement parce que de petits parapluies flottants décorent les rues du centre-ville (comme à Sarrebourg !), mais on est arrivé un peu tôt dans la saison… Eh oui, à Aguéda, on ne sort les parapluies que quand il fait beau ! En attendant, ils sont dans un hangar, bien rangés. Pas de bol.

…comme pour se moquer de nous…

Et voilà, le centre du Portugal, c’est fini ! À bientôt pour un dernier article sur nos escapades dans le nord… 🙂

Hélo

Un commentaire sur “Il est venu le temps des monastèèèèèreuh

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  1. Ca se confirme, il y a plein d’endroits qui me plaisent vraiment beaucoup ! Au printemps prochain, je me sers de votre blog comme guide de vacances !! D’ailleurs, comme je vais en faire un livre, j’emporte le livre! HI hi !

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