Vous l’aurez compris dans l’article précédent, on aurait pu rester des jours et des jours dans un hamac à contempler les paysages du Nord, mais bien d’autres aventures nous attendent dans ce si beau pays, alors on plie bagage, en route.
Avant d’entamer la redescente du Laos, on a décidé de mettre la main au porte-monnaie pour un trek de 24H, sorte de safari nocturne. Le parc national (NPA) réputé de Nam Et Phou Louey est le seul à proposer ce genre de visite, dans un pays où des années de chasse ont contraint la faune, pourtant abondante, à se cacher. Partir à leur recherche de nuit reste alors la meilleure chance pour les observer.
Ce projet d’éco-tourisme nous emmène en territoire animiste, où vivent les communautés khmu et hmong. Au village de Ban Son Koua, d’où partiront nos embarcations, les habitants ne sont pas buddhistes mais croient en la présence d’esprits. Chaque décision importante, qu’elle soit personnelle ou non, doit d’abord être soumise à l’esprit de la montagne. C’est assez fascinant et ce qui nous plaît dans ce trek, c’est que chaque animal observé apportera des fonds aux villageois, un moyen dissuasif d’arrêter la chasse et encourager la conservation.
Animal de la famille des félins. Je peux peser jusqu’à 300 kg. Il resterait entre 5 et 7 de mes semblables au Laos, tous dans ce parc national. Je suis je suis ? Le tigre bien sûr ! Les guides locaux et notre guide/traducteur nommé Toui nous présentent brièvement les especes suceptibles d’etre vues ici ; léopards, civettes, loutres, primates et bien d’autres encore. Il faudrait quand même une chance de cocu pour voir un tigre, mais on va essayer.
Le plan est d’abord de remonter la Nam Nern River, c’est vraiment beau, il y a plein d’oiseaux et papillons. C’est la saison sèche par contre, donc il y a peu d’eau, et il faut par moments se mettre en slip pour dégager les cailloux. On découvre notre campement, chambre cosy avec moustiquaire et vue sur la jungle. Un bon gueuleton nous attend ce midi, avant de retourner sur l’eau.
De nouveau sur la terre ferme une heure plus tard, un feu de camp nous permet de dîner « au barbecue », avec les frontales. Le temps que la nuit tombe Toui raconte à Hélo l’histoire de l’homme transformé en gibbon. Vous lui demanderez qu’elle vous explique, c’est un peu trop coquin pour moi.
Ce ciel étoilé les amis.. quelle vision ! Ambiance Apocalypse Now lorsque nos 3 bateaux redescendent la rivière, sans moteur cette fois, c’est le calme plat, juste les bruits de la forêt. Nos guides usent de leur torche pour dénicher un muntjac. Ici des yeux de civette on dirait bien. De puissants cris nous alertent, c’est un sambar (cervidé), super on réussit à le voir. Une magnifique chouette et un grand lézard complètent le tableau, ça sent déjà la fin. C’était vraiment génial. Oh mais non attendez, que voilà ? Juste avant de rentrer une famille de 3 sambars traverse la rivière sous nos yeux ébahis, avec ça on peut dormir tranquille !
Là ça manque de photo je sais..
Le lendemain retour à Ban Soun Koua sans tarder, le bus quotidien doit nous prendre et partir vers Phonsavan au Sud. Toc tic toc tic toc, les heures passent, pas de bus, alors je perds patience et propose à Hon et Tim l’Australien de tenter le stop. Deux véhicules nous prennent à l’arrière de leur pickup, on fait des sauts de puce d’un village à un autre, croise le regard dune petite fille qui n’a peut-être jamais vu de blanc, je pense que sa bouche est encore ouverte d’étonnement à cette heure ci ! Beaux paysages, de la marche aussi, avec la montagne en plein soleil. Finalement un 4*4 nous récupère en transe et on fait avec lui d’une traite les 100Km restants, oh la choune ! Courageux comme jamais on enchaîne sur un bus nocturne.. quelle journée de fou.
Vientiane maintenant, nettement moins belle que Luang Prabang, on y passe surtout pour récupérer, visiter brièvement et manger, parce que ça c’est la vie. Mais non content de bouder la ville qui ne nous plait guère, on va plus loin en faisant des infidélités à la cuisine Lao, oh les rancuniers hey. Du coup, 3 repas indiens et un kebab plus tard, on fuit la capitale.
C’est encore par un trajet épuisant que l’on se dirige vers le centre du pays, pour visiter les grottes de Kong Lor. On retrouve ici des paysages de montagnes karstiques, des pains de sucres comme on dit. Sans réservation, c’est un peu la course pour dénicher les dernières chambres disponibles, mais heureusement, on finit à égalité avec nos 4 concurrents, tous dans des chambres à 5€.
7H30, nous sommes les premiers devant les grottes – même avant les gardes en fait. Pas encore rassasiés des bateaux on prend place dans l’obscurité totale, et traverse durant 7 kilomètres la grotte – c’est gigantesque pour une grotte, observant stalactites et stalagmites, l’expérience est magique.
C’est un peu la cata depuis qu’on a quitté le Nord, les bus sont en retard, personne ne parle anglais, c’est toujours plus long que prévu, après 2 trajets en sorngtaou on se retrouve cette fois assis sur un banc en plastique, dans le « couloir » d’un car, génial. On nous promet après avoir posé la question à plusieurs reprises qu’il va jusqu’à Champasak, au Sud du pays, notre destination finale. Des sièges se libèrent, on essaie de dormir comme on peut, bien que sans couchette cette fois.
Mais à 1H30 du matin tout le monde descend ! « Champasak ? Oh no Pakse. Whaaaaat » c’est 1H plus loin, on est au milieu de la nuit, je suis malade comme un chien (qui a la turista), on va devoir errer dans les rues un peu glauques de cette ville, avec les chiens et les moustiques, on a trop chaud en plus ! Quelle nuit de merde, pardonnez ma grossièreté. 7h30, on engloutit un sandwich au pâté – ancienne colonie française rappelons le – et part pour Champasak, fin du calvaire.
Ou pas.. car on arrive sous une pluie battante, nos sacs restés sur le toit sont ravis. Un très important festival se tient en ce moment au temple de Vat Phu à côté et les hôtels affichent complet. Si bien qu’on est obligé de payer 15€ chaque nuit, certes la vue sur le Mékong est belle, mais c’est cher pour le Laos !
Toujours dans un climat chaud et humide on loue des vélos pour aller voir ce fameux temple. Plutôt des ruines en fait, impressionnantes mais on ne va pas vraiment pouvoir en profiter tant ce festival éclipse l’ancien site khmer. Il y a un monde fou, des bouchons, c’est le premier jour alors on assiste à la cérémonie d’ouverture, où des cortèges se relaient avec danseurs et même quelques éléphants.
Pas indispensable cette halte dans le Sud finalement, mais au moins on va pouvoir passer la proche frontière pour le Cambodge. Je suis bien content d’écrire cet article car le passage est à la fois rapide et désopilant. Des douaniers corrompus jusqu’au dents qui nous demandent des bakchichs (genre la visite médicale imaginaire), Hélo enrage, elle aurait fait de ce paragraphe un bain de sang j’en suis sûr. Anyway, on y est 🙂
On aura adoré le Laos, kop chai lai lai (merci beaucoup) !
A.










































alors l’homme transformé en gibbon???
putain les trajets donnent pas envie xD
J’aimeJ’aime
Mince, j’ai oublié de demander à Hélo de me raconter l’histoire de l’homme transformé en gibbon 😮 !!
Lu
J’aimeJ’aime
Magique cette expérience de trek de nuit ! Tout autant que le sandwich au pâté ^^
A nous d’imaginer les paysages de la grotte mais pour le reste, vos photos sont lumineuses 🙂
Bye,
Élodie
J’aimeJ’aime