Voir de la faune au Cambodge : SUCCÈS !

Après un passage de frontière quelque peu houleux, nous voici donc au Cambodge ! Nous débarquons à Kratie, charmante petite ville le long du Mékong, connue pour être un des rares endroits où il est possible d’observer les très menacés dauphins de l’Irrawady. Ces petits dauphins de forme oblongue ont la particularité de vivre dans les eaux douces du Mékong, mais pollution, chasse et accidents dans les filets de pêche les ont décimés et il n’en reste guère plus que quelques dizaines entre le Laos et le Cambodge (oui, c’est déprimant).

À Kampi, petit village à 15 km de Kratie, il existe une portion de Mékong « protégée » où seuls naviguent quelques bateaux, moteurs éteints ou au niveau minimum, qui emmènent les touristes voir les dauphins. Une poignée de kayaks se joint au tableau dans la journée, mais globalement, les dauphins semblent tranquilles ! Fidèles à nos habitudes, on se lève tôt, on loue des vélos (eh oui, c’est une habitude maintenant) et on fonce à Kampi. La route est très jolie, bordée d’une épaisse végétation, d’arbres fruitiers et de bambins qui font coucou. Une fois arrivés à la jetée, on monte à bord d’un bateau et c’est parti pour une heure sur le Mékong, à scruter la surface en quête de petits ailerons boudinés !

Comme un air de Birmanie dans ce subtil mouvement de pied…
Notre « boatman » a trop la classe.

On n’a pas eu à attendre bien longtemps avant de voir nos premiers dauphins… Ils sont en fait assez faciles à observer, mais ne font que de fugaces apparitions ici et là, seuls ou à deux. Point de sauts extravagants, point de caquetage joyeux comme Flipper, mais beaucoup d’émotion quand même.


On reste encore une bonne heure à les observer de la berge après notre tour en bateau. On ne s’en lasse pas, d’autant plus qu’il n’y a quasi personne. Seuls face aux dauphins de l’Irrawady, que demande le peuple ?

Une petite dernière pour la route

On finit par s’extraire de l’endroit et retourner à Kratie. En face de la ville se trouve une petite île réputée paradisiaque, Koh Trong, accessible grâce à un bac.

On ne va peut-être pas partir tout de suite…

Koh Trong est effectivement magnifique, le coup de cœur est instantané. On en fait facilement le tour en vélo, pédalant au milieu des arbres fruitiers, des fleurs, des petites maisons…

Beach-volley
Vache-volley

Mais le plus intéressant par cette chaleur, c’est bien évidemment la plage ! L’un des côtés de l’île est bordé de sable fin, ce serait un crime de ne pas en profiter. Nous sautons donc allègrement dans nos maillots, puis dans le Mékong !

Petit moment rigolo lorsque je me suis rhabillée, épiée par une armée de gamins gloussants dans les buissons… Une fois de retour en ville, on en profite pour goûter quelques spécialités cambodgiennes et contempler une merveilleuse lune rousse !

On se plaît bien à Kratie, mais l’un de nos objectifs principaux dans ce pays, c’est de voir de la faune sauvage, et tout particulièrement des gibbons !

Il faut savoir que, bien qu’elle regorge d’espèces variées, l’Asie du sud-est souffre très fortement de la déforestation et du braconnage. Conclusion : la faune est repoussée toujours plus profondément dans les forêts et est devenue par la force des choses championne du monde de cache-cache… Difficile donc de se lancer seul dans la jungle et espérer voir autre chose que des sangsues – sans compter qu’il n’y a pas vraiment de sentiers balisés et qu’on parle d’une zone du monde fortement bombardée et trop peu déminée, bref, vous voyez le tableau. Il faut donc passer par une agence ou une structure qui organise des expéditions dans la jungle, l’idéal étant d’avoir un guide qui parle bien anglais et des guides locaux qui connaissent la forêt comme personne. Nous avons jeté notre dévolu sur le Sam Veasna Center, spécialisé dans l’observation d’oiseaux mais aussi de faune en général, pour un trek de 3 jours dans la forêt de Seima, dans le Mondolkiri. Quelques groupes de gibbons à favoris roux (ceux qu’on a au Parc) vivent dans cette forêt, ainsi que des doucs, des ours malais, des calaos et bien d’autres espèces… Nous mettons donc le cap sur le Mondolkiri, à l’est du Cambodge !

Notre guide, Samphos, parle un anglais parfait et est passionné d’oiseaux. Il fait l’interprète entre les guides locaux et nous et possède une solide expérience en matière de faune et de conservation. On ne pouvait rêver mieux !

La dreamteam
La gibbon-mobile

Programme de ces 3 jours : on pose nos affaires au camp de base et on part explorer la forêt à partir de là. Deux groupes de gibbons vivent dans les alentours, donc pas besoin de marcher des kilomètres pour les apercevoir ! On se lève avant l’aurore pour tenter d’entendre le chant des gibbons, avant de partir à leur recherche dans la forêt. On avance lentement, aux aguets, en quête du moindre mouvement de branche et on fait des pauses de temps en temps pour observer les oiseaux (Samphos nous a transmis le virus, on passe notre temps le nez en l’air maintenant !).

Est-ce un avion ? Est-ce Superman ?
Non, c’est un oiseau !
Et même DEUX oiseaux !

Et plein d’oiseaux, parce qu’on aime les oiseaux :

         

Pendant ces 3 jours, on a pu voir et entendre les gibbons tous les jours (même si souvent il ne s’agissait que d’apparitions furtives s’élançant d’arbre en arbre), on a pris un petit déj en observant les doucs bondir dans les branches, on a vu des millions d’oiseaux différents (et on est capables d’en reconnaître environ 1 %), on a emprunté des sentiers créés en direct à la machette et on a dormi sous le ciel le plus étoilé depuis le début de notre voyage.

Préparation de la « bamboo soup » : un mélange de plantes, légumes et viande cuit dans un tronc de bambou (délicieux) !
Petit endroit sympa pour la pause déj’

Le dernier jour a été le plus mémorable : après un début de journée désespérément long et vide de toute faune, on s’est retrouvé au cœur d’un groupe d’environ 6 gibbons juste quand ils entamaient leur chant… La puissance de leurs vocalises et l’émotion ressentie quand on les a enfin aperçus, tout près de nous, sont indescriptibles. Ce jour-là, on a vu de jeunes gibbons s’élancer dans les arbres juste devant nous, un mâle prendre la pose, bras tendus agrippés à une liane, et le clou du spectacle : une femelle bondir juste au-dessus de nos têtes. Ce n’est vraiment pas habituel de les voir si bien, nous sommes de sacrés petits veinards (je dirais presque qu’on a une chance de cocu, mais cette blague a déjà été faite).

Sans nul doute notre meilleure photo de gibbon (on voit même ses favoris roux, mais si !)
…avec celle-ci, où on distingue très bien le bras de cette femelle en plissant un peu les yeux.

On n’a pas grand-chose pour documenter ces instants magiques, mais allez, pour l’ambiance, quelques très courtes vidéos… (mettez le son pour la première !)

 

 

Et pour le plaisir pur et simple de les entendre chanter :

 

C’est le plus beau son du monde, non ?

Mais notre quête de faune ne s’arrête pas là ! On enchaîne avec 2 jours à l’Elephant Valley Project, une initiative visant à offrir une retraite paisible à des éléphants aux passés bien différents (et rarement joyeux, vous vous en doutez). On les suit dans la forêt, les dérangeant le moins possible, pendant qu’un guide nous explique un peu leur histoire. Comme on est restés deux jours, on a aussi pu participer au travail des volontaires, à savoir nettoyer une partie de la forêt où ils gardent des éléphants en soin… Du vrai boulot de soigneur (il y en a un qui s’est senti dépaysé, héhé) !

Coucou !

Il ne s’agit donc pas de faune sauvage à proprement parler, mais ces éléphants vivent désormais dans leur environnement naturel, dans une forêt protégée de 300 000 hectares, excusez du peu. Le projet travaille de près avec les communautés locales et protège efficacement sa forêt, qui abrite aussi des éléphants sauvages, de l’abattage illégal des arbres et du braconnage. Bref, un joli projet qu’on est content d’encourager, même si après trois jours à fixer des arbres pour essayer de voir quelque chose bouger, ces deux jours avec les éléphants ont quelque chose de… trop facile.

Certains ne peuvent plus se laver seuls et ont donc un cornac à disposition, la classe.

Ainsi s’achève notre quête de faune dans le Mondolkiri… avec des étoiles plein le ciel, plein les yeux et plein le cœur, pour les deux amoureux de la faune que nous sommes.

Et plein de poussière rouge sur nos fringues.

À bientôt pour de nouvelles aventures, cette fois-ci au Ratanakiri… 🙂

Hélo

5 commentaires sur “Voir de la faune au Cambodge : SUCCÈS !

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  1. Magnifique ! Une belle aventure « Nature et Découvertes »… Mais un peu déprimant de se dire que ça devient miraculeux de voir des animaux sauvages dans la nature … Très beau spécimen d’homo erectus femelle à Koh Trong 🙂

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