Dormir dans la jungle c’était bien, un peu éreintant quand même (pauvre ‘tit chou), alors on part pour le Nord-Est du pays, au Ratanakiri, terre de minorités, de treks, de gibbons. Mais on a donné déjà, il est temps de se reposer maintenant.
La saison est officiellement lancée, on va pouvoir s’en mettre plein la panse. Ça commence à Banlung, où l’on pose nos valises, dans une maison d’hôtes (guesthouse) un peu à l’écart du centre, des gens adorables, mais j’y reviendrai. Pas grand chose à faire ici, la ville est surnommée « terre rouge », en effet on est bien vite recouvert par cette poussière qui colle à la peau, digne d’un paysage australien.
C’est aussi à ce stade du voyage que nous rejoint Lucille, avec qui on avait échangé un repas en Thaïlande, elle va passer 2 bonnes semaines avec nous et animer notre séjour – volontairement ou non. On l’attendait pour visiter le lac Boeng Yeak Lom, à une dizaine de km de la ville, et c’est en vélo que l’on rejoint ce petit lac volcanique, profond de 70 mètres. On en fait vite le tour, avant de se poser à l’ombre. Hormis quelques rares jeunes du coin nous sommes seuls, l’eau est tiède, c’est le bonheur.
Sina, le papa de la guesthouse, nous emmène un après-midi dans son tuktuk voir des cascades. Au beau milieu de la saison sèche on n’attend pas grand chose, mais à notre grande surprise, la chute d’eau de Chaa Ong, 25m de haut, est bien active, l’eau tombe dans un grand bassin au milieu de la jungle. Elle est bonne, on s’y baigne, joue les aventuriers, passe derrière pour la photo instagram d’Hélo et tente le virulent massage sur les épaules, au pied de la cascade.
Moins impressionnante que la première, la « waterfall » de Ka Tieng est très calme, pas de baignade ici, mais on traverse un pont de singe, une expérience somme toute sympa.
Parlons un peu de notre séjour chez « Bee Bee’s Chalets », une famille formidable composée de Nita, la femme, Sina et leur fils Bee Bee, 3 ans, hyper attachant. Elle s’occupe des repas, de chouchouter ses convives, nous apprend également de son très bon anglais beaucoup de choses sur le pays et sur son histoire à elle, pas facile.
Vivre au Cambodge n’est pas une promenade de santé, ce pays se remet lentement de la terrible période des khmers rouges (un quart de la population périt dans les années 70 suite à une politique d’extermination). Aujourd’hui, la corruption reste importante et le gouvernement, inamovible depuis des années, grappille de l’argent à la moindre occasion sur le dos d’un peuple déjà très pauvre. Les forêts sont vendues aux plus offrants (j’ai nommé les chinois), au détriment des habitants, les villages sont brûlés si nécessaire, des confidences qui font froid dans le dos.
BOUHHHH
Malgré tout ça, les cambodgiens sont toujours les premiers à plaisanter, à rire, sourire, trinquer (« Chul Moy ! » comme on dit) et cuisiner, on se souviendra longtemps des repas, des assiettes géantes de mangues et des moments passés avec cette famille et leurs amis. C’était en quelque sorte notre séjour chez l’habitant.
Triste de les quitter, un bus nous attend pourtant pour partir dans le Nord du pays, vers des temples isolés et difficiles d’accès. A la descente du bus il nous faut prendre un taxi, cher et le chauffeur est vraiment énervant, mais pas trop le choix, il nous reste de la route. Il nous installe tous les 3 derrière, sauf qu’il y a déjà une cambodgienne, on n’en revient pas. Tous assis sur une fesse, la scène est cocasse mais nous fait rire.
Situé tout en haut de la carte, à la frontière, le Prasat Preah Vihear fut longtemps une zone d’extrême tension, revendiquée par la Thaïlande et le Cambodge. Il aura fallu attendre 2013 seulement pour que la situation s’apaise, mais la présence militaire reste tout de même flagrante. Avec Richard, un américain de 73 ans en super forme, on accède au temple montagne, à 600m d’altitude, dans un 4*4 sur une route terriblement pentue.
Le temple est dédié à Shiva, il se présente sous la forme de 5 gopuras, noms donnés aux pavillons sur les sites hindous, reliés les uns avec les autres par de longues chaussées à colonnade. Il n’y a quasiment personne, ce qui confère au lieu un charme fou, pardonnez les superlatifs mais cet endroit est incroyable.
– « Pourquoi tu disais que Lucille avait animé les vacances ? »
On y arrive, attention elle s’est surpassée, aussi drôle que tête en l’air, notre chère amie et nous faisons du stop pour quitter ce coin reculé, pas vraiment adapté aux voyageurs indépendants. Des locaux nous prennent à l’arrière de leur pick-up, on est assis sur des planches, s’installe comme on peut puis la voiture fonce, ils roulent si vite que j’en perds mes lunettes de soleil, qui s’écrasent violemment sur la route, une scène terrible. C’est pas rassurant n’empêche, mais au moins on arrive, à deux pas du temple suivant, en 30 petites minutes.
Sauf que là Lulu nous dit « Euh par contre je retrouve pas mon petit sac ». Très vite elle réalise qu’elle l’a oublié au point de départ du stop, il contient son argent, des papiers, entre autres choses, bref c’est la panique. Elle repart seule – plus facile pour le stop – alors qu’on l’attend sur des chaises en plastique. Les heures passent, c’est long, le suspense est insoutenable, heureusement les locaux nous offrent de savoureuses bananes, si c’est pas parfait pour fêter nos 7 mois. Là revoilà enfin, avec son sac ! On pousse un grand ouf de soulagement.. gros coup de bol !
Fiouuuu
Koh Ker, autrefois capitale de l’Empire Angkorien (fin du Xème siècle), est un ensemble de 42 temples. Il fait si chaud ici que la végétation est aride, la jungle perdure cela dit, mais les gardiens brûlent les arbres autour des temples pour en dégager la vue, étrange pratique…
2 temples sont particulièrement marquants : une pyramide de style maya – 40m de haut – et un autre : le prasat Bram, représenté par plusieurs tours en brique, envahies par les racines de figuiers étrangleur. C’est trop beau !
Un seul logement se tient à l’entrée du site, un hôtel gardé par des enfants, pas facile de se faire comprendre du coup. On arrive quand même à commander un dernier dîner, en bonne compagnie.. Enfin, une vache qui rit au petit-déjeuner (pour de vrai) et on quitte la région.
Dans le prochain article, Hélo vous narrera nos aventures à Angkor. Je vous offre une photo, en avant-première.
A.


































Encore des photos incroyables!
Lulu fidèle à elle même on se réinvente pas 🙂 Et Aurel sympa la photo avec Bee bee, à garder!
Petite question, ça veut dire un truc spécial le geste de la main de la petite fille où c’est juste un truc comme ça?
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Merci Bab pour ce p’tit com 🙂
Non la jeune fille il y avait rien de particulier, elle m’a vu prendre la photo de loin et a fait les oreilles de lapin j’ai trouvé ça sympa. Un peu peur que ce soit un autre signe au début mais non !
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La suite, la suite !!
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Moi ? Tête en l’air ?
J’vois vraiment pas d’ quoi tu parles…
Merci pour ces bons moments 🙂
Lulu
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