Ushuaia, pas juste un gel douche

Hola chicos,
C’est à moi que revient l’honneur d’écrire cet article sur la Terre de Feu, cette province tout au Sud de l’Argentine, le bout du monde, dont la ville d’Ushuaia est la capitale.

Pour rejoindre cette contrée pas facile d’accès on a cette fois choisit l’avion, le jour du vol le temps est au beau fixe, ce qui va nous offrir une arrivée spectaculaire. Par contre ça souffle fort et l’atterrissage est pour le moins agité – la poignée du siège a encore la trace de nos mains je pense.

Ushuaia c’était pour nous un extrême de voyageur, à deux pas de l’Antarctique, « la fin du monde », on y allait surtout pour le prestige, on ne s’attendait certainement pas aux paysages majestueux qui vont suivre, on a donc tendu la joue et pris une bonne claque.

La ville en elle même a son charme, mais les stars ce sont les montagnes, parfois enneigées, qui l’entourent quelque soit la saison. Voici quelques clichés.

Un bus nous emmène dès le premier soir vers le Parque Nacional Tierra del Fuego, à une vingtaine de kilomètres seulement de la ville. On y découvre un écrin de verdure au cadre privilégié, le camping est gratuit, des toilettes et pis c’est tout. Une petite rivière le borde et nous bercera durant 2 nuits.

On est au paradis des randonneurs, des amoureux de la nature, l’air est d’une grande pureté, on inspire un bon coup et part découvrir de premiers sentiers. La végétation est dense, c’est peut-être ce qui nous surprend le plus en fait, la région est polaire, il fait entre 0 et 10 degrés toute l’année et pourtant il y a de la vie, des oiseaux, des lapins.

Ouette de Magellan

Mr et Mme Ouette

En plein été (les saisons sont inversées par rapport à la France) le jour se lève vers 4h et se couche dans les environs de 23h voire 00h, et bah ça fait bizarre croyez moi. Dans la tente pour s’endormir il faut prendre le rythme, heureusement nos journées sont bien chargées on y arrive plutôt bien.

3h du matin, il pleut, mais c’est bien le froid glacial qui nous réveille, on serre les dents, se rendort après avoir enfilé tous nos vêtements.

Point positif, au réveil les sommets ont eux reçu de la neige, c’est vraiment magnifique ! Au menu du jour une rando de niveau difficile, 8 heures de marche prévues, l’ascension d’un sommet à presque 1 000m d’altitude, avec autant de dénivelé positif, ça va piquer.
Il faut au préalable s’enregistrer au centre d’information, histoire d’appeler l’hélico si on n’est toujours pas revenu ce soir. Le petit café attenant offre de jolis points de vue, on a même le luxe d’être survolé par un condor des Andes (pas réussi à le photographier celui là) !

Après le chocolat chaud partons randonner si vous voulez bien. Les premiers kilomètres vers le Cerro Guanaco – le nom du sommet – sont terribles, la pente est impressionnante. On atteint enfin un premier replat, une grande plaine boueuse (la chaussure d’Hélo s’en souviendra). On pensait avoir fait le pire, que neni, il reste un paquet à grimper, sauf que les éléments se déchaînent, tempêtes de neige, rafales de vent, à l’approche du sommet il fait un froid, mais un froid je vous dis pas.. Haha nous qui pensions naivement faire le picnic en haut. Tels 2 alpinistes atteignant l’Everest on prend une brève photo et redescend aussitôt, le jeu en valait la chandelle qu’est ce que c’est beau.

Et là.. c’est le drame

Vous devez penser que j’en rajoute un peu, allez c’est juste un sommet à 1 000m, oui mais au bout du monde la météo est vraiment différente, le temps change très vite. La descente dans la neige est compliquée, surtout pour Madame qui manque de glisser à chaque pas (saleté de semelles !). Notre mal en patience, au terme de 5h45 de marche au lieu des 8 annoncées, nous revoilà finalement en bas, on peut être fier de nous, ce ne fut pas une partie de plaisir.

En plein blizzard

La route est longue

Pas trop de courbature le matin suivant, toilette de chat dans la rivière, un soleil salvateur nous réchauffe après une nuit de nouveau rude. Moins ambitieux que la veille on va marcher jusqu’à la frontière chilienne, en effet les deux pays partagent la Terre de Feu. 3h aller/retour, encore de superbes paysages et des chemins de foret au milieu d’arbres « moussus », vraiment étonnant. Et puis on est seul encore une fois, les quelques cars de touristes ne font pas les randos pour notre plus grand bonheur.

Frontière rikiki

Fini le parc national, retour à Ushuaia où une voiture de location nous attend ce soir. Une petite chevrolet comme la dernière fois, qui va nous permettre de vadrouiller plus librement. Un spot de camping nous est conseillé à la sortie de la ville, une grande étendue d’herbe bien abritée du vent par quelques arbres, avec cette fois aucune installation, c’est à dire pas de toilettes, nada. Il faudra faire popo entre les bosquets ! Qu’importe, on se sent tout petit encerclé par deux grandes montagnes verdoyantes. Quel bonheur tous ces campings gratuits en tout cas.

Bihoreau gris

Il nous reste maintenant deux jours de road trip, avec pas mal de choses à voir. Le Lago Escondido d’abord, et tous les miradors en chemin nous en mettent plein la vue.

Depuis notre arrivée en Argentine on entend parler des estancias, traduire par ranchs traditionnels, les guides conseillent d’y séjourner, on y songera plus tard car c’est un budget mais en attendant on poursuit le road trip vers la Estancia Harberton, la toute première de Terre de Feu, datant de 1880, qui aujourd’hui se visite. C’est une institution, qui se paie assez cher alors on se contente nous d’emprunter une route parallèle jusqu’à l’apercevoir.

La route est depuis un moment non goudronnée, parfois « rebondissante », puis caillouteuse, mais sauvage à souhait, des chevaux traversent tantôt la route, sur la fin la mer se joint aux montagnes, les arbres sont marqués par un puissant vent marin, nos batteries d’appareil photo se déchargent à vitesse grand V..

Parce que tout n’est pas rose, il y a aussi ces moments de privation, où on serre la ceinture pour manger à l’économie.

Aucun guide ne mentionnait Puerto Almanza, petit port de pêche spécialisé dans la vente du crabe géant de Patagonie : le santolla – nom accrocheur bien qu’il se murmure qu’il n’aurait rien d’exceptionnel. La situation du village sur la carte nous emballe bien, alors on décide d’y jeter un oeil. Coup de coeur immédiat, colonie de chevaux en bord de mer, bateaux et maisonnettes colorés, vue sur le Chili, bref un charme fou.

Rentré à la tente sous le soleil on a pu bouquiner, se reposer un peu après une bonne journée sur la route. On est donc en forme pour notre ultime journée, prêt à se lever de bonne heure, on plie la tente comme des pros et file vers un départ de balade. Il s’agit cette fois d’un lagon, au pied d’un glacier. Le temps est grisou, avec quelques gouttes qui s’amplifient au fur et à mesure qu’on avance. Au bout, une courte éclaircie nous suffit pour profiter du spectacle, la laguna Esmeralda est bien verte émeraude, entourée du glacier d’un côté, d’un décor rappelant un peu la savane de l’autre, ponctué de tourbières caractéristiques de la région et de barrages de castors. A noter que les oiseaux (rapaces inclus) sont en nombre dans la région et vraiment pas farouches !

On dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, effectivement ce n’est qu’au retour que l’on croise les groupes de touristes, qui vont se prendre une bonne grosse saucée tandis qu’on aura nous retrouvé notre voiture, timing parfait. Bon ça contrarie un peu nos plans malgré tout, impossible de voir le phare des éclaireurs bien connu à Ushuaia, trop couvert aussi pour marcher voir le glacier Martial.

Toute façon vous vous rappelez l’absence de courbatures après la grosse rando ? C’est fini ce temps là, tu les as dans les pattes maintenant mon petit gars les 1 000m de dénivelé, moi encore plus qu’Hélo le comble. Sportif mes fesses oui !

Entre 2 éclaircies la faune continue à nous ravir :

Caracara Huppé
Photo d’identité
Renard de Magellan

Démarche de robot donc pour les dernières heures à Ushuaia, lorsqu’il ne pleut pas bien sûr. Au fond on a eu une chance énorme d’avoir du beau temps 4 jours sur 5, dans un coin du globe qui reçoit une bonne dose de précipitations à l’année.

Première nuit en hôtel depuis 5 jours, première douche aussi – il était temps – mais nuit trop courte, le bus est à 5h du matin. Un trajet pas banal qui passe au Chili, longeant une pampa truffée de moutons, guanacos et même quelques nandous, inclus une traversée de ferry, avant de faire escale à Rio Gallegos, une simple étape pour nous avant de rejoindre la région des glaciers à l’Ouest. C’était vraiment extra en tout cas, on repart émerveillé, ces 5 jours resteront dans les annales.

Les toilettes du bus 🙂

Hasta luego

A.

PS : notre petit ordinateur a tristement rendu l’âme ce qui rend la gestion du blog longue, fastidieuse et les photos sont un brin de moins bonne qualité envoyées sur le téléphone, perdón

5 commentaires sur “Ushuaia, pas juste un gel douche

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  1. Vous êtes de sacrés explorateurs ^^ perso, j’aurais tenu 1 jour dans tout votre planning xD (et encore…) Mais clairement les paysages sont sublimes.
    Vous vous attendiez à avoir des conditions aussi difficiles? Je veux dire, y’a quand même le climat hard, dormir bcp dans la tente après des journées à vagabonder, se doucher peu, manger des conserves froides, etc. (Ok j’aurais tenu 2h en réalité)

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  2. Merci pour ce bel article et toutes ces photos ! on dirait vraiment le bout du monde … Tous ces beaux paysages sauvages, la faune, la flore … Mais où sont les humains ? On dirait qu’il n’y en a pas beaucoup !
    En tout cas, c’est l’aventuure !

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