La Patagonie du sud-ouest : terres de glace et de vent

¡Holà chicos!

Nous avons donc quitté notre Terre de Feu bien-aimée pour remonter un peu, du côté ouest de la Patagonie cette fois (je mettrai une carte en fin d’article pour éviter de vous perdre).

Notre destination : El Calafate ! El Calafate est une charmante petite ville surtout connue pour son glacier, Perito Moreno. Il y a sans doute plein de choses à faire dans le coin, mais honnêtement, nous y allons juste pour le glacier.
« Juste ».

Voyez plutôt :

Voilà qui justifie le voyage.

Il y a des ibis à El Calafate !

Perito Moreno se trouve à environ 80 km d’El Calafate, mais il y a plusieurs services de navette. Évidemment, nous sommes en haute saison, donc doublez tous les prix que vous lirez dans votre guide de voyage. Ajoutez à cela la taxe d’entrée du Parc national et vous vous sentirez plus légers ! Mais cette taxe-là est justifiée : comme tous les Parcs nationaux argentins jusqu’à maintenant, tout est parfaitement entretenu, la faune et la flore préservées, les sentiers de marche bien balisés… Il y a même un sentier aménagé pour les fauteuils roulants (la classe).

Il y a du monde au balcon (ho ho ho).

Tous ces sentiers mènent à différents points d’observation – vous ne repartirez pas de là sans avoir admiré Perito Moreno sous tous les angles. Si vous en voulez plus, certaines excursions proposent des tours en bateau au pied du glacier et même des randos SUR le glacier, mais c’est moins notre truc.

Essayez donc de marcher là-dessus.

Quelques infos pour briller en société : sur le front du glacier face à nous, Perito Moreno toise 70 m à son point le plus haut, au milieu, contre 40 à 50 m sur les côtés. 5 km de large sur environ 30 de long… Ça force le respect. Ce n’est pourtant pas le plus grand glacier du coin, mais par contre c’est le seul à être considéré « stable », contrairement aux autres qui reculent inexorablement d’année en année.

Et surtout… Il avance. Deux mètres en avant, tous les jours. Résultat : la glace grince, gronde et craque, avec de temps en temps des « petites » miettes qui s’en détachent en faisant un bruit de tonnerre qui hérisse le poil. Évidemment, tout le monde n’attend qu’une chose : qu’un GROS morceau tombe. Quand ça arrive, ledit morceau provoque un mini raz-de-marée en s’effondrant dans l’eau avec fracas. Un sacré spectacle (et mieux vaut ne pas être dessous).
On a eu une chance de fou : on a vu un bloc de belle taille se décrocher du glacier. Héhé.

Point de rupture de bloc en photo, juste nos têtes fières

On ne se lasse pas de ses couleurs. Tant de bleus… ❤

On voit quelques condors hauts dans le ciel, mais toujours trop loin pour une photo, désolée Vivi…

Après El Calafate, direction El Chaltén !
El Chaltén, c’est la capitale nationale du trek… et probablement le lieu de rendez-vous de toute l’Argentine. L’endroit grouille de monde, je n’ai jamais vu autant de marcheurs, grimpeurs, frimeurs rassemblés au même endroit. On nous avait vendu El Chaltén comme un petit village tout mignon, lové au milieu des montagnes, mais c’est l’usine ! Peu importe, on est là pour les randos.
On pose le tipi dans un des campings trop chers de la ville, en l’accrochant le plus solidement possible (capitale du trek, certes, mais aussi du vent qui déboîte).

Jamais trop de cordes.

Heureusement le temps est avec nous, on va pouvoir faire une première randonnée l’après-midi même. Nous nous lançons donc dans une petite marche modeste de 6h vers un lac de montagne, le Lago Torre, duquel on aurait (avec beaucoup de choune) une vue imprenable sur le Cerro Torre, un pic constamment caché derrière une épaisse couche de nuages – à se demander s’il existe vraiment.

Ça se gâte.

Règle n° 1 de toute randonnée en Patagonie : le dernier km est le pire.

Arrivés devant le lac, le vent nous cueille avec la délicatesse d’un camion lancé sur l’autoroute, nous mitraillant au passage de petits cristaux de glace. Impossible de regarder le lac dans les yeux, c’est déjà dur de rester debout.
Heureusement, de bonne âmes ont construit de petits abris de fortune pour se réfugier et nous plongeons donc bien vite derrière notre bunker de pierres. Elle se mérite, cette vue.

Furvent ! En formation ! (cf la Horde du Contrevent)

Techniquement, on peut encore continuer le sentier sur 2 km pour atteindre un autre point de vue, mais après 6 longs et pénibles mètres, on fait demi-tour. Repli !!

On a bien fait d’en profiter, car pluie et rafales de vent à 20 000 km/h (au moins) nous cloîtrent dans notre fidèle tipi les deux jours suivants. Un peu de repos forcé ne nous fait pas de mal, surtout pour Hon qui a une tendinite, mais on ne tient pas en place.

Heureusement, nos prières sont exaucées pour nos deux derniers jours à El Chaltén : le soleil revient ! On va pouvoir se lancer dans LA rando ultime du coin, celle qui attire les foules, celle que je voulais absolument faire en Argentine : le sentier de la Laguna de los Tres au pied du fameux mont Fitz Roy, une des ascensions les plus dures au monde.
10 km aller, 750 de m de dénivelé, dont 400 juste dans le dernier km (vous vous rappelez la règle du dernier km ?).
On décide de l’étaler sur deux jours, en partant avec la tente.

On n’est pas seuls sur le sentier, on n’a jamais vu ça ! On avance à la queue leu leu, on doit s’arrêter toutes les 5 minutes pour laisser descendre des gens ou laisser passer les pressés… Mais au bout d’un moment ça finit par s’égrener et on respire un peu.

Des clairières touffues, des rivières turquoises en contrebas, des sommets enneigés et des roches striées, des condors au loin (non, toujours pas de photo) … et bien sûr, de jolis points de vue exposés au vent.

Whooosh.

Règle n° 2 de toute rando en Patagonie : quoi que tu portes, ça ne conviendra pas. On passe notre temps à enlever et remettre des couches de vêtements… C’est l’été et le temps est particulièrement clément, mais dès que le vent souffle, on se prend des petits flocons. Oui, des petits flocons de NEIGE.

On arrive après 8 km de marche au campement Poincenot. On n’est pas tout seuls, la forêt grouille de tentes ! On se trouve un coin à peu près abrité pour s’installer. Bien contents de poser les sacs et de casser la croûte avant d’entamer l’ascension finale.

Coucou
Point de puma pour nous, seulement des lapins.

J’ai dit que tout le sentier était très joli ?

La confiance

La dernière montée est rude, on crapahute sur de grosses pierres inégales, il y a toujours autant de monde… Mais on avance, pas à pas, jusqu’à un paysage à se décrocher la mâchoire.

J’en avais lu des choses sur cette rando… Mes attentes étaient élevées, j’avais même peur d’être déçue. Ha ha ! Impossible d’être déçue devant cette vue !

Comme on a du temps devant nous, on profite du lac et du soleil plusieurs heures. On se promène à droite, à gauche…

Toujours pas doués avec les selfies.

Et alors qu’on pensait avoir tout vu, on marche 10 mètres plus loin et bim : une 2e lagune de glacier en contrebas.

En fin d’après-midi, les gens commencent à repartir vers El Chaltén et ça redevient un peu calme et sauvage. On adore.

Ces gens descendent du Fitz Roy, respect.

On faisait les malins avec notre camping dans la forêt, mais la nuit a été glaciale. Vous me direz, on aurait pu s’y attendre.

Mais on se réveille devant ça alors ça va.

On a la journée pour profiter encore un peu du coin (et de la vue grandiose sur le Fitz Roy et ses copains) avant de redescendre vers El Chaltén et de prendre un bus vers notre destination suivante, San Carlos de Bariloche. Un petit trajet d’environ 24 heures, normal pour le pays.

Avant de plier la tente, on fait un détour du côté du Piedras Blancas, un autre glacier, et sa lagune. Il y a déjà du monde sur les sentiers, c’est fou !

La descente est éprouvante pour nos pauvres genoux (et tendinite), mais on retrouve El Chaltén sans encombre.

On ne gardera pas un souvenir impérissable du village, mais cette randonnée est sans conteste un incontournable en Argentine… Malgré le nombre de marcheurs, la nature est ici à l’état brut, magnifique, sauvage et érodée par des conditions climatiques extrêmes toute l’année. Le vent a vite fait de remettre tout être humain un peu arrogant à sa place !

On est d’ailleurs bien content de prendre un bus ce soir et de ne pas camper… Le vent souffle, mais d’une violence… La météo prévoyait des rafales de 120 km/h ce soir ! Je suis sûre que des tentes prennent leur envol régulièrement. Mais pas les bus, croisons les doigts.

Allez, une photo de condor floue pour la route !

Et une petite carte, comme promis 🙂

À bientôt sous des latitudes plus clémentes… En tout cas on l’espère.

Hélo

8 commentaires sur “La Patagonie du sud-ouest : terres de glace et de vent

Ajouter un commentaire

  1. Vraiment magnifique et toujours un grand plaisir de vous lire ! 🙂 Super que vous ayez eu du beau temps pour la rando au Fitz Roy, les photos sont à couper le souffle !!

    J’aime

  2. Encore de très beaux paysages, le glacier est super impressionnant !
    Merci pour la carte 🙂 ! Par contre franchement la météo n’a pas l’air de faire preuve de beaucoup d’empathie envers les gens sur ce continent. Et en même temps c’est aussi un peu grâce à elle que la nature est si belle !

    J’aime

    1. Mais vous êtes des ouf. Je suis surprise qu’il y en ai bcp d’autres qui font pareil perso ^^
      C’est très beau, je suis contente que vous fassiez tout ça et qu’on admire les photos depuis notre petit cocon au chaud.
      Merci pour la carte ça aide bcp 😀

      J’aime

Répondre à sophie guyomard Annuler la réponse.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑