Bingo à Bariloche, la petite Suisse Argentine

La Patagonie n’avait donc pas dit son dernier mot ! Cette région est si grande que 24h de bus (oui c’est un poil long) après l’article précédent – le glacier, le vent, rappelez vous – nous avons certes changé de latitude, mais nous sommes toujours et encore dans la même région. Ce pays je vous jure.

Parlons-en des bus argentins tiens : confortables, des toilettes, plateaux repas servis 3 fois par jour, rafraîchissements, clim’ pas trop forte, ni trop défoncée pour être réglable – oui Asie c’est de toi dont je parle. Bref de quoi vous faire passer un trajet d’un jour complet pour une promenade de santé. Et comme on est des petits malins, on s’arrange pour réserver les places tout devant à l’étage, si en plus on peut profiter de la vue..

Nous voilà dans le Lake District (la région des lacs), surnommé la petite Suisse pour ses paysages mais pas seulement figurez vous. On y reviendra. Pour le visiter louer une voiture nous paraissait indispensable. On est donc parti pour un nouveau road-trip, au volant d’une petite Nissan March.

Tout commence depuis la ville de Bariloche, trop grande, trop touristique en cette période estivale (hémisphère Sud oblige, on a échangé nos saisons avec la France). Qu’il est compliqué de circuler, l’angoiiiiisse, on la quitte bien vite pour se diriger vers le Nord. A 80km environ démarre la très réputée route des 7 lacs.

Encore un matin.. un matin glacial

Lago Espejo Chico

Parfait les gars on la garde

L’Argentine regorge d’excellents parcs nationaux on a déjà pu le voir, Bariloche est elle entourée du parc Nahuel Huapi, 7 500km2 de forêts, de lacs et de montagnes, créé pour préserver faune et flore (la loutre en est le symbole). On aura pas la chance de croiser Madame mais des lacs alpins/glaciaires en veux tu en voilà. De charmantes maisons, des plages désertes, ouille mes yeux.

Ouettes à tête grise

Et bah c’est le petit à droite qui a gagné

Toujours à la recherche de calme et de joyaux cachés, notre pauvre Nissan – Hélo la déteste déjà car elle cale souvent avec – va quitter la route goudronnée une première fois, pour respirer de la poussière et se prendre des graviers sur une « dirt road ». La bourgade de Villa Traful nous a fait de l’oeil, c’est pour elle que l’on remue terre et cailloux, on ne va pas être déçu.

Jamais facile de se rendre compte du temps qu’il faut pour aller d’un point a vers un point b, les routes souvent cabossées vous rallongent bien vite un itinéraire. On va pas se mentir il y a eu des loupés, on a tenté des chemins parfois.. avant de regretter, on a serré les dents souvent, crié de joie après un passage délicat ; pont cassé, descente/montée au milieu d’énormes trous, entendu des bruits à vous faire pâlir, on a même du renoncer à certains moments, mais la tuture a tenu bon.

Je plaisante ceci n’est pas une route ouf

J’aurais aimé que celle-ci soit une plaisanterie..

Avec 1 semaine de road-trip au total on s’est permis de laisser un peu en parenthèse Nahuel Huapi pour aller visiter un autre parc national : Lanin. Le phénomène c’est lui, un volcan culminant à plus de 3 700m, qu’il est possible de gravir relativement facilement en 2 jours.

Encore un peu embêté par ma tendinite on préfère se la couler douce, rouler tranquillement, profiter des paysages, des arbres. Le Pehuen (en français désespoir des singes) est l’emblème du parc, une sorte de sapin autrefois utilisé par les communautés indigènes, comme les Mapuche, encore assez présents aujourd’hui. On s’achète aussi notre première bouteille de vin – du rouge, un bon Malbec de Mendoza.

Retour à notre route scénique des 7 lacs, qui d’ailleurs est un tronçon de la route 40. On ne vous en a pas encore parlé mais cette route fantastique va du Nord au Sud du pays, longeant la cordillère des Andes. Amoureux de grands espaces on se régale, observant régulièrement de la faune (guanacos et nandous en premières positions). Presque aussi connue que la route 66 aux Etats-Unis elle parait parfois interminable c’est vrai, lorsque le décor devient steppes durant des heures, mais difficile de s’en lasser honnêtement.

Que dire maintenant de mon coup de coeur, un 3ème parc national, tout petit, une presqu’île en fait, à la pointe de la bourgade Villa La Angostura, destination finale de la route des lacs. Le Parc National Arrayanes porte le nom de drôles d’arbres couleur orange – cannelle, il y en a un paquet ici.

Il y a pas de flash promis juré

On se croirait de retour aux Philippines, les couleurs sont dignes de plages paradisiaques. Mais c’est la Patagonie alors l’eau est froide zut. 12km d’un bout à l’autre du parc, un superbe sentier le traverse quoique très vallonné par moments. Pas le courage de le faire dans les 2 sens, un bateau dépose justement des passagers à une extrémité. De quoi joindre l’utile à l’agréable. Cerise sur le gâteau, la vue d’un pic en train de mitrailler un arbre, de son bec tout pointu.

Ah ça descend apparemment

Pic de Magellan

A ce stade il nous reste 2 jours complets seulement, l’idée de faire une grosse rando avec nuit en refuge a longtemps germé dans nos petites têtes, faute de temps on a pourtant du renoncer à ces sommets, plus de 2 000m, une prochaine fois. Cette région autour de Bariloche est bien plus qu’El Chalten – où nous étions précédemment – la Mecque des marcheurs. Mais même en 2 mois de voyage le temps passe trop vite ! Alors on roule le premier jour sur le Circuito Chico, encore un bout de route conseillé, décevant – ça arrive, fait de courtes balades et s’offre un resto de grande classe. Au menu, une spécialité de Patagonie : assortiment de cordero, divers morceaux d’agneau cuits au feu de bois. Portions folles et verres de vins bien remplis.

Pour clôturer en beauté notre séjour dans le Parc National Nahuel Huapi – la partie Sud cette fois – on pénètre dans une foret de plus en plus dense, sur la pire route depuis le début de notre voyage, frissons garantis ! Mais que la récompense est belle, on dort aux pieds des étoiles, se lève à ceux des sommets, entourés de rapaces, les « pigeons argentins » à l’affût des restes.

Ce petit coin de paradis est bien peu visité, et pourtant il permet d’approcher le Cerro Tronador. Un autre géant de 3 500m, volcan éteint aux allures de montagne ordinaire – c’est à dire pas de cône à sa pointe. En 1 jour on ne peut que s’en approcher, on va pour ça multiplier les points de vue ! D’abord au pied du Ventisquero Negro, un étonnant glacier noir constitué de roche volcanique, situé en bas du Tronador. Puis via 2 randos dont la plus grande de 5h aller retour, vers le glacier Castanero Overa. Cascades en pagaille, soleil, foret de bambous. Encore une randonnée de grande qualité.

Déja Bariloche nous attend, pour récupérer la voiture, on aurait pu passer une semaine de plus dans cette région tant il y avait à faire. Rien que la ville, étape gastronomique, aurait valu d’être mieux visitée. Juste le temps pour nous de repartir les mains pleines.. de chocolats, la mini Suisse je vous dis ! Un nouveau trajet de 19h30 à venir.

Je vais finir sur une belle anecdote. La compagnie de car a organisé avant le plateau dîner un bingo gratuit. Le premier qui coche ses 16 numeros remporte une bouteille de blanc, un chardonnay. Et bah vous savez quoi ? Sur une quarantaine de participants qui a gagné ? Hélooooooo ! Hip hip hip !? Hourra. Trop drôle, on va goûter ce précieux très prochainement.

Nous sommes désormais à Mendoza, grande ville, escapade urbaine de 3 petits jours. Airbnb, restos, vin rouge, un peu de repos avant la suite des aventures. L’été est bel et bien là, il fait 30 degres.

A très vite. Moi je remonte sur ma bécane.

A.

6 commentaires sur “Bingo à Bariloche, la petite Suisse Argentine

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  1. Le temps doit être plus agréable pour vagabonder ^^
    En tout cas vous êtes courageux de rouler dans cette contrée lointaine :p à votre retour vous pourrez rouler n’importe où !

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  2. Bravo Hélo pour la bouteille ! La vache, elle performe même au Bingo quoi… 😉 !
    Trop trop beau les 7 lacs franchement, c’est verdoyant, et ce bleu… pfiooouu.
    J’ai compris qu’il faisait toujours un peu froid (quoique vous êtes en short parfois… ? décidément c’est zarb’ !) mais y avait moins de vent quand même ?
    Bonne dégustation, vin blanc et chocolat ça peut être sympa !
    gros bisous à tous les deux !

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