Splendeurs et grosses frayeurs : la région de Salta (partie 2)

Très bien chiquitos, nous voici donc rendus à la seconde partie de notre road trip dans les contrées du nord-ouest de l’Argentine ! Après la région au nord de Salta, nous descendons maintenant vers le sud.

Notre première destination : le village de Cachi. Pour y aller, vous vous en doutez maintenant, il faut passer par une route panoramique de fou. C’est lassant toutes ces belles routes, vous ne trouvez pas ? (hahaha)

Je vous présente donc la Cuesta del Obispo, route sinueuse qui grimpe (pour changer), mais qu’on emprunte malheureusement dans une épaisse couche de nuages.

La route traverse le Parc national Los Cardones, réputé pour ses immenses cactus (les « cardones », justement) et sa diversité de paysages et de biotopes.

On termine ce long trajet par une portion de route toute droite, tracée à la règle sur la carte : la Recta del Tin-Tin (ce nom sonne sale, je vous l’accorde).

Avant Cachi, on traverse le village de Payogasta. À première vue, il ne paie pas de mine, mais un petit stand d’épices et de fromages attire notre attention. S’en suit un moment mémorable où nous attendons notre fromage au milieu de ce qui semble être un salon, avec un groupe de musiciens en pleine répet’ d’un côté, des mecs en train de jouer à Fifa de l’autre, et une foule de femmes dans la cour derrière en train de nous observer en se marrant. 🙂

Nous arrivons donc à Cachi dans la soirée, fromage de chèvre artisanal sous le bras.

Le lendemain, on retourne sur la route prise à l’aller pour profiter du paysage sans les nuages, qui arrivent généralement dans l’après-midi.

Petit déjeuner avec vue :

Il n’y a pas beaucoup de faune, mais on croise un copain matinal. 🙂

Puis on retourne à Cachi en empruntant une autre route, un peu cachée, très peu fréquentée, mais qui nous a décroché la mâchoire.

Dur à croire, mais on est toujours dans ce fameux parc Los Cardones !

La route finit par rejoindre la Ruta 40 qu’on emprunte pour retourner à Cachi. Un peu plus de faune, on est content.

Oui, même pour la mygale on est content !

L’après-midi n’est pas aussi clément… On se promène dans les alentours se Cachi, mais le temps se couvre.

On entend notre premier grondement de tonnerre (assourdissant avec l’écho de la montagne !), installés à la terrasse d’une bodega, avec un café et un humita.

Définition du humita : sorte de pâte de maïs jeune avec du lait et du sucre, cuite dans une feuille de maïs.

Impression du humita : ça rappelle les quenelles, mais avec un arrière-goût de maïs. C’est pas terrible.

La chuvia finit par nous trouver alors qu’on se promenait dans Cachi, nous forçant à nous réfugier dans un petit bar. Ce n’est pas une excuse qu’on a trouvé pour picoler, mais j’avoue qu’on en a profiter pour essayer deux malbec du coin et une spécialité de chèvre doux au dulce de cayote, une sorte de confit sucré d’une courge locale, et c’est à tomber par terre.

Mais fini les bodega et les bars, la route nous appelle ! Nous allons vers Cafayate, haut-lieu du vin blanc en Argentine (ah bah du coup… on va être obligé de retourner dans les bodega et les bars).

Quelle route, mais quelle route… Ça a beau être la Ruta 40, on ne nous avait pas menti : quand il pleut, l’état de la chaussée se dégrade. Et pas qu’un peu.

Grandes étendue d’eau à traverser, trous, caillasses et crevasses qui n’étaient pas là la veille, boue… On commence à avoir l’habitude des routes en mauvais état, mais là on n’est pas serein.

Moment de flip ultime : on finit par s’embourber dans de la grosse boue bien visqueuse. La voiture patine, proteste, se met à fumer ! On arrête tout, ça sent le cramé… Oups.

Heureusement, un petit monsieur d’un certain âge arrive placidement et nous donne des vieux cartons et des branchages. Il lui manque beaucoup de dents et on ne comprend pas tout, mais son aide est providentielle : on place un maximum de branchages au niveau des roues pour que la voiture s’enfonce moins en reculant… et on finit par sortir de là et repartir, ouf !

On retrouve la route 40, mais on n’est pas au bout de nos peines. Stratégie de survie élémentaire : on suit les deux voitures devant nous (dont une toute petite et plus basse que nous). Si elles passent, on passe !

Les villages qu’on croisent sur la route sont bien mignons, avec quasiment à chaque fois une petite place centrale arborée et une église colorée.

Viva la revolucion !

Petit à petit, le soleil commence à chauffer, les Argentins à circuler et la route s’améliore un peu.

Coucou les vautours !

Autre moment marquant de ce trajet : on voulait aller visiter une bodega assez connue (Colomé, le plus haut vignoble du monde !) en faisant un petit détour, mais on s’est retrouvé devant ça :

La route reprend bien de l’autre côté… Loin, très loin.

Autant dire que nous avons laissé tomber la bodega.

Pause au charmant petit village d’Angastaco, qui marque le début d’un nouveau paysage, qu’ils appellent ici « monument naturel ».

Nous sommes dans la Quebrada de las Flechas. La roche est démentielle, elle forme des vagues immenses, des pics, des flèches, et la route serpente tranquillement au milieu de ça. C’est fou.

C’est fou, vous dis-je ! On ne s’attendait pas à de tels paysages en Argentine.

On longe ensuite des montagnes rouges dans la lumière déclinante du soir, puis nous arrivons enfin à Cafayate.

Cafayate n’est pas une grande ville, mais elle est très touristique et il y a tout sur place. Très agréable pour y passer quelques jours.

Les tortillas, nouveau péché mignon

Forcément, nous profitons d’être là pour goûter au fameux « torrontés », un type de vin blanc qu’on ne trouve qu’en Argentine et qu’on compare souvent au Gewurtztraminer, même si on ne voit pas vraiment pourquoi.

La Finca de las Nubes, dégustation sous les vignes ❤
Le Connaisseur.

On a testé un Don Aurelio aussi, pour la blague, mais ce n’était vraiment pas très bon…

Mais nous n’avons pas bravé tous ces obstacles juste pour pochetronner, place maintenant à un peu de culture.

Tout d’abord, un musée. Non loin de Cafayate se trouve un petit village un peu perdu où trône cette curiosité qu’est le musée de la Pachamama. Délire d’un artiste local, Hector Cruz, le musée est dédié à la terre mère (la Pachamama, encore vénérée et respectée aujourd’hui) et aux indigènes de la région.

L’extérieur est déjà fabuleux : mosaïques de pierre partout, représentant des visages, des animaux ou autres motifs géométriques, des cactus gigantesques et des fontaines…

Un bâtiment est consacré à l’histoire géologique des Andes et de la région, un autre à la vie des Indiens autrefois. C’est fascinant, on adore !

Ensuite, place aux ruines de Quilmes, les plus grandes d’Argentine ! Un centre d’interprétation flambant neuf permet de mieux comprendre le peuple Quilmes et son histoire avant d’aller explorer les ruines par 2000 °C.

Pour l’ambiance.

Petite présentation rapide des Quilmes : il s’agit d’un peuple indien qui existe depuis le XIe siècle environ, qui a résisté aux invasions incas puis aux conquistadors espagnols pendant 130 ans, avant d’être exilés et réduits en esclavage (les Quilmes existent toujours aujourd’hui).

On peut escalader les montagnes de chaque côté des ruines pour la vue ! Exercice difficile vu la chaleur, mais le panorama vaut le coup.

Bonus : des lamas !

Et un rapace qui mange un gros insecte dégoûtant.

Avant de partir de Cafayate et retourner à Salta, on a eu droit à de la pluie, de la vraie, avec tonnerre et cie… (juste avant de devoir replier la tente, merci bien). Mais heureusement, la route vers Salta est goudronnée.

Hahaha, vous ne pensiez pas sérieusement qu’on allait s’en tirer aussi facilement ? C’est sur cette route, douce et lisse, que nous avons dû traverser le pire torrent de toute notre vie. Même les Argentins dans leurs gros 4×4 ont hésité à passer, c’est dire !

Une file de voitures hésitantes se forme… quand soudain, on voit un chien traverser l’air de rien, malgré le courant et la profondeur. Très bien, ça achève de nous convaincre de tenter le coup !

(On ne se rend pas du tout compte de la largeur ni du courant, mais je vous garantis qu’on a serré les dents.)

Quelques jolis points de vue sur la route, pour nous remettre de nos émotions…

Nous arrivons enfin à Salta, où nous allons passer une nuit en Airbnb avant de rendre notre fidèle voiture (qui roule toujours et ne fume pas, excellente nouvelle) et de visiter la ville.

« Je vous hais. »

On sort dîner dans une peña, un établissement où on peut boire, manger, et écouter (voire jouer) la musique typique de Salta, la peña, justement. L’endroit est super, on mange très bien, mais hélas, les musiciens s’installent à l’intérieur et nous sommes dans une cour à l’extérieur d’où on n’entend quasi rien… Impossible de le savoir à l’avance, mais on est dépité.

Avant de quitter notre Airbnb, notre hôte nous fait goûter les feuilles de coca (et en dépose quelques unes par terre pour la Pachamama), réputées pour atténuer le mal de l’altitude ! On est content de tester, mais dommage, on ne verra plus beaucoup de montagnes à ce stade du voyage.

Il nous reste une journée à Salta. On en profite pour manger plein d’empanadas (Salta est réputée pour ses empanadas, alors on teste), puis faire un tour au musée d’archéologie et de haute montage, le MAAM, qui expose les corps de trois enfants incas sacrifiés il y a plus de 500 ans et retrouvés dans un parfait état de conservation au sommet d’un volcan à quasi 7000 m d’altitude… Forcément, les photos sont interdites, mais Google est votre ami !

Puis arrive 18h, l’heure de notre départ du nord-ouest… À bientôt, avec de tout nouveaux paysages !

Hélo

2 commentaires sur “Splendeurs et grosses frayeurs : la région de Salta (partie 2)

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  1. Je lis assez tardivement les derniers articles mais je dois dire que cette partie est assez impressionnante.
    Je pense que vous avez du vous faire des fessiers en béton à force de les serrer sur certaines routes…
    En tout cas vu les photos le jeu en valait la chandelle. Époustouflant.

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