Changement de décor, la Cordillère des Andes, le mal de l’altitude, le désert, les nuits fraîches, tout ça n’est plus qu’un délicieux souvenir. Il a fallu qu’on aille se dorer la pilule dans le Nord-Est tropical, terre humide de moustiques affamés aux journées « muy caliente ».
On ne peut plus se cacher, tout le monde aura remarqué qu’on aime la faune sauvage, alors quand on a entendu dire qu’il existait une immense zone, réputée comme une des meilleures du continent pour l’observation animale, on s’est dit qu’on devait y aller coûte que coûte. Esteros del Ibera n’est pas facile d’accès, mais avec un peu de patience on y a trouvé un petit coin de nature immaculée.
Porte d’accès de cette zone écologique classée car de grande importance, le village de Colonia Pellegrini. C’est ici qu’on a passé 4 jours de rêve, un rêve rustique, souvent éprouvant, mais avec l’impression que la nature a encore tellement à nous offrir.



Audace ou bêtise, on s’est dit que l’expérience ici ne pourrait être plus belle qu’en plantant la tente, au bord du marécageux lac Ibera. Résultat : nos voisins sont nombreux, petits ou grands, quasiment aucun humain attention, ce sont plutôt des capybaras, les plus gros rongeurs du monde, des colibris aussi, à toute heure les oiseaux nous chantent leur mélopée (Polo & Pan : Canopée), insectes en tout genre (fourmis rouges, noires, ca pique !) sans oublier les caïmans, oui oui à 10 metres de notre tipi.
Ici les cultures se mélangent, celle des ancêtres indigènes guarani et celle des gauchos, jamais loin de leur cheval. La ville est tout petite, si calme qu’elle en est reposante, pour une fois nous ne sommes pas motorisés alors on marche, beaucoup, du lever du jour à la tombée de la nuit. Paradis ornithologique on avance jumelles autour du cou, guettant la moindre apparition sauvage, pestant contre ce soleil insistant.
Au néophyte on recommande vivement la sortie en bateau sur le lac, accompagné d’un guide dont la région n’a plus aucun secret. Alors on s’y essaie, manque de chance, une des rares averses de notre séjour ici s’abat sur notre petite embarcation après seulement quelques minutes. Une vraie bonne averse tropicale..notre expérience est compromise forcément, on aura quand même vu de belles choses.
On se dit alors qu’on est jamais mieux servi que par soit même, on touche un peu notre bille en matière animale, empruntons les sentiers comme des grands. En partant un matin de nuit la récompense est immense, une famille de singes hurleurs se tient là, au dessus de nos corps endormis déjà en sueur. Au début réticents à notre présence ils vont nous accepter et reprendre le cours de leur matinée. Moment fort.




Les capybaras sont omniprésents, mais parfois en regardant bien quelques cerfs se mêlent à la foule des rongeurs, il y a le cerf des marais, plus grand représentant de la famille sur le continent Sud-Américain, puis le petit daguet brun. Et le soir on n’oublie pas la frontale, un petit serpent peut traverser à tout moment. Plus rassurants cette fois sont les nombreux et magiques vers luisants, trop difficiles à photographier.
Adios Esteros, la route pour nous continue. Une journée interminable nous attend avec non pas un bus ni deux mais 3 bus en 24h ! Réveil 2h30 du matin, premier trajet de 3 heures, puis longue attente, pas d’ombre, une chaleur humide et lourde, les vêtements collent à la peau. Le second bus arrive et nous envoie sa climatisation glaciale en pleine face. C’est loin d’être fini, l’arrêt de notre ultime bus est une station service – on est perplexe mais pourquoi pas. Il va arriver de nuit avec presque 2 heures de retard alors qu’on se voyait déjà dormir sur place, contre une pompe à essence. Quelques 10 heures plus tard on touche le Brésil du bout des doigts, la ville de Puerto Iguazu nous ouvre ses bras, les célèbres chutes sont à deux pas.
Allez il joue les poètes maintenant..
Régulièrement citées comme les plus belles et plus impressionnantes chutes du monde, les chutes Iguazu sont la conséquence d’une faille géologique datant de plus de 200 000 ans, elles sont au nombre de 275, rien que ça, et se trouvent d’une part au Brésil et de l’autre ici. A une trentaine de minutes de la ville argentine Puerto Iguazu où un logement douillet airbnb nous héberge – fini le camping, on pénètre dans un grand parc national, qui va nous dévoiler bien des trésors.
C’est la jungle, il fait plus chaud que jamais, pas de quoi décourager les visiteurs, 5 000 par jour en moyenne, c’est un peu Disney Land quand on arrive. Coatis et singes capucins attendent astucieusement que la nourriture tombe, volontairement ou non, pour se nourrir, et les touristes idiots ne manquent pas, je ne suis pas au boulot ici, délicat de faire la police.
Le site est grand, de quoi éparpiller un peu la masse de visiteurs, plusieurs kilomètres de sentier mènent en bas des chutes, ou bien en haut, ainsi on peut multiplier les points de vue. Avec un peu de chances on tombe sur des toucans, des papillons. Puisque tout tourne autour de l’eau il faut parfois endurer la lluvia, la pluie. Kway + transpiration = soupe à la grimace.
Un petit train – ça me manquait tiens – permet d’éviter la longue marche jusqu’à La chute dont tout le monde parle, la plus grande, au nom évocateur, Garganta del Diablo ou gorge du Diable. Au total les 275 chutes déversent jusqu’à 6 millions de litres par seconde, pour les amoureux des chiffres, c’est vertigineux. « Le diable » n’est pas en reste et lâche puissamment des tonnes et des tonnes d’eau 80 mètres plus bas, dans un terrible fracas, des embruns plein la goule on ressort trempé mais surtout époustouflé. Le hic, c´est qu´il faut faire la queue ici au paradis du selfie.


2ème jour on prend les mêmes et on recommence, ou presque. Un des 5 sentiers mène à une modeste chute, 1 heure de marche aller comme retour pour une immersion en pleine forêt dans le parc national. On va surprendre de nouveaux capucins, bien plus sauvages que la veille, voire même hostiles à notre compagnie. L’ambiance dans la jungle est des plus agréable, ça fourmille de vie.
Puis on profite du beau soleil pour refaire les circuits principaux, les chutes se couvrent d’arcs en ciel et je me maudis de prendre autant de photos, pense au tri pense au tri !
De retour en ville, c’est glace coco-dulce de leche, chocolat noir et banane, un vrai régal. Allégé financièrement après 2 jours de visites aux chutes, on consacre le dernier jour à quelques curiosités plus proches et abordables. Dans la fournaise, 35 degrés ressenti 40, on commence par le point des vues des 3 frontières. Car en effet d’ici on aperçoit la rencontre du fleuve Iguazu avec le Rio Parana, Paraguay et Brésil se trouvant respectivement à gauche et à droite. Enfin on accorde un peu de temps au refuge Guiraoga, qui récupère des animaux maltraités ou blessés avant de les réintroduire si les conditions le permettent. C’était en espagnol j’ai pas tout compris, mais le travail effectué ici est plus qu’honorable.
L’eau pourrait bien rester le maître mot de notre voyage, on croise les doigts mais la pluie risque de gâcher notre programme futur, avec un événement que l’on attendait tant, qui pourrait tout simplement être annulé. A suivre..
A.


Mais qu’est-ce que c’est ça?!? Ces escpèce de cochon d’inde enorme?! 😱 Alors là, je crois vous avez tout vu de la faune en Argentine.
Merci pour ce blog estupendo! On apprend tout les jours!
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Vous avez pris votre dose de faunasse, z’ont une bonne tête ces capybaras en tout cas.
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Non, non Aurélien, ne te maudis pas de prendre autant de photos, elles sont super ! Par contre je ne pourrai pas toutes les mettre en grand dans le livre du blog sinon il me faudrait 1000 pages et il n’y en a que 160 !
Les chutes méritent leur réputation, elles sont spectaculaires !
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